l’hallux valgus : traitement chirurgical et suites opératoires

Avant-propos

Notre équipe de chirurgiens s’efforce de développer des techniques de chirurgie dite « mini-invasive » dans le but de diminuer l’agression des tissus par l’acte chirurgical et ainsi réduire les complications et la douleur post-opératoire.

Cette implication se fait par un engagement de chaque membre de l’équipe dans des sociétés de recherches et d’enseignements chirurgicales françaises et internationales telles que l’AFCP (association française de chirurgie du pied), le GRECMIP (groupe de recherche en chirurgie mini-invasive et percutané du pied) co-fondé par les chirurgiens de la Clinique du Sport, l’EFAS ( European foot and ankle society)…

Le « gold standard » actuel est d’utiliser durant la même intervention sur votre avant-pied des techniques percutanées et des techniques mini-invasives réalisant ce que l’on appelle une chirurgie « hybride ». Elle assure des résultats fiables et des suites opératoires simplifiées.

Le traitement chirurgical

Généralités
Il existe un consensus sur le fait que le traitement chirurgical de l’hallux valgus repose sur une intervention osseuse. Le but est de redresser le premier métatarsien. Le « rabotage » de la bosse n’est pas suffisant si on veut un bon résultat à long terme. Il existe de nombreuses techniques utilisées selon le morphotype de pied et la gravité de la déformation du gros orteil et des petits orteils. Parmi les interventions les plus courantes, citons le mini-scarf et le mini-chevron. Ces ostéotomies (section de l’os) sont réalisées à la scie ou à la fraise selon que l’on utilise une technique percutanée ou avec un abord mini invasif. Ces techniques sont très stables et sont fixées, on parle d’ostéosynthèse, par une vis. L’efficacité de ces techniques est prouvée à long terme.

Si les autres orteils sont déformés, une chirurgie sera nécessaire à leur niveau. Plus l’atteinte est importante, plus la chirurgie sera étendue. Là aussi elle sera la moins invasive possible sans en sacrifier l’efficacité.

La question qui revient souvent : puis-je faire opérer mes 2 pieds le même jour ?
Non car la douleur risque d’être plus importante, la marche très difficile avec 2 pieds anesthésiés. Quand il y a indication à opérer les 2 pieds, nous le faisons à 1 ou 2 semaines d’intervalle. Ainsi, la convalescence est la même. Cependant il faut savoir que la chirurgie des 2 pieds à quelques jours d’écart impose un handicap temporaire un peu plus important mais elle est tout à fait réalisable dans la majeure partie des cas.

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Mini scarf hallux valgus
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Mini chevron hallux valgus

La consultation chirurgicale
Lors de la consultation pré-opératoire, le chirurgien vous interrogera sur vos symptômes et procédera à un examen clinique de votre pied. Il sera également attentif à votre marche et aux pathologies pouvant influencer votre avant-pied ( ex : gastrocnémiens courts ou pieds plats valgus.).
Des examens radiographiques sont nécessaires pour une analyse complète de votre cas (radios du pied en charge de face, de profil et selon l’incidence de Guntz), et permettront également à votre chirurgien de vous expliquer votre pathologie.
Selon les cas, une proposition d’intervention chirurgicale peut vous être faite. Le chirurgien vous détaillera les modalités et les suites prévisibles de l’intervention chirurgicale. Il est alors possible de fixer une date opératoire ou de prendre le temps de la réflexion.

La consultation d’anesthésie
Si une date opératoire est fixée, vous devez avoir une consultation d’anesthésie à la Clinique du Sport dans le service d’anesthésie ( tél 05 56 12 14 60 ) Elle devra être réalisée entre 2 jours et 2 mois avant la date de l’intervention. L’anesthésie réalisée sera une anesthesie loco-régionale : l’anesthésiste a l’aide d’un échographe fera une injection autour de la cheville. En cas d’anxiété du patient, il est possible d’effectuer en complément une sédation, c’est à dire une anesthésie générale légère qui ne nécessite pas d’intubation.
L’anesthesie loco-régionale permet également de ne pas avoir de douleurs pendant les heures suivant l’intervention.

L’intervention
Il s’agit d’une chirurgie ambulatoire : vous arrivez à la clinique le matin et repartirez dans l’après-midi. A votre arrivée vous serez pris en charge dans le service de chirurgie ambulatoire et préparé en vue de votre intervention.
Vous serez conduit au bloc opératoire et installé en salle de pré-anesthésie ou votre anesthésiste effectuera son anesthesie loco-régionale par bloc sous échographie.
Ensuite vous êtes amenés en salle d’intervention ou l’équipe soignante vous installe. Votre chirurgien sera présent et contrôlera l’installation. L’intervention pourra démarrer et durera de 20 à 60 minutes selon les types d’interventions. Le chirurgien s’aide de radiographies faite par fluoroscopie pour contrôler les gestes opératoires. Un pansement est réalisé en fin d’intervention et vous passez en salle de réveil. L’anesthésie loco-régionale permet de regagner rapidement sa chambre et d’y avoir une collation.

Après l’intervention
Le chirurgien passera vous voir dans votre chambre pour vous expliquer ce qu’il a fait et vous donner les consignes post-opératoires. L’infirmière du service assurera votre surveillance et mettra de la glace sur le pied opéré qui sera également surélevé. Le kinésithérapeute vous lèvera et vous expliquera comment marcher sans cannes avec votre chaussure post-opératoire. L’assistante du chirurgien vous donnera votre prochain rendez-vous, votre compte-rendu opératoire et votre arrêt de travail si nécessaire.
Une radiographie de contrôle est faite selon la technique chirurgicale employée.
Votre sortie pourra alors être envisagé après accord du chirurgien et de l’anesthésiste. Le voyage du retour devra se faire les pieds surélevés dans la voiture (banquette arrière). Pensez à vous organiser avant. Les béquilles qui vous ont été prescrites ne doivent servir que pour le jour de l’intervention et éventuellement le lendemain matin.

Les suites opératoires

Les premiers jours
La marche est autorisée dès le jour de la chirurgie avec la chaussure orthopédique qui vous aura été prescrite. Elle est toutefois peu conseillée car il y a un risque de saignement de la plaie en position déclive le 1er jour. L’appui complet est possible. Il faut marcher souvent, mais peu de temps ; on demande de ne pas rester en position debout plus de 10 minutes à la suite pendant les jours suivants l’intervention. Il est très important de garder les pieds surélevés plusieurs fois par jour ( et chaque fois que l’on s’assoit !), glacer par dessus le pansement 6 à 8 fois par jour 15 à 20 minutes (gels packs, poches de petits pois surgelés). Le pansement n’est pas à refaire par une infirmière. Il est gardé une quinzaine de jours puis changé à la clinique. Une ordonnance d’antalgiques et un protocole de leur utilisation vous auront été remis avant l’intervention. Il faut prendre les médicaments contre la douleur de façon systématique les premiers jours. La prise d’anticoagulants n’est pas systématique, elle sera jugée nécessaire ou non par votre chirurgien. L’abandon de la chaussure orthopédique se fera au bout d’un mois. La kinésithérapie ensuite n’est pas obligatoire. Elle vous sera prescrite en fonction de l’œdème, de la souplesse, etc…

La question qui revient souvent : combien de temps dois-je m’arrêter de travailler ?
L’arrêt de travail « classique » est de 6 semaines. Mais en fonction de l’activité professionnelle (position debout, long trajet), cela pourra être adapté. Il peut parfois être court (10 jours) en cas de profession sédentaire (travail de bureau) et si l’on peut respecter des moments de repos, de glaçage avec un pied surélevé.
La conduite est-elle autorisée ? A moins que vous n’ayez une boite de vitesse automatique et que le pied opéré soit le gauche, la conduite n’est pas autorisée tant que vous avez la chaussure.

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hallux valgus bilatéral avant intervention
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hallux valgus bilatéral après intervention
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hallux valgus et griffe du 2ème orteil avant intervention
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hallux valgus et griffe du 2ème orteil après intervention
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déformation avancée recul de l’ensemble des métatarsiens
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à 6 mois l’oedème est souvent présent
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avant l’intervention
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scarf 1 an après l’intervention

Le chaussage après un mois
L’usage de chaussures larges à semelle épaisses est recommandé, type chaussures de sport ou de running pendant environ 1 mois. Dans certains cas où l’œdème est prononcé des chaussures dites « type 2 » pourront vous être prescrites. Elles sont remboursées par la sécurité sociale.

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modèle alba
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modèle morphée

(Romans Industrie)

On peut envisager un retour à un chaussage « normal » au bout de 2 mois, 2 mois et demi. Il faut ensuite avoir une certaine « hygiène » du chaussage mais il n’y a pas d’interdiction formelle. Nous réalisons des opérations pour que puissiez vous chausser comme vous le voulez.

La retouche
En chirurgie d’avant pied, la retouche est une ré intervention légère à distance du premier geste. Le pied est un organe complexe où les 5 orteils sont interdépendants les uns des autres. Il peut arriver qu’un geste sur un rayon ait une influence sur les autres. Ce peut être une ablation de vis, une mobilisation d’un orteil un peu raide, un allongement tendineux, une griffe d’orteil, un recul métatarsien pour métatarsalgie de transfert... Il ne faut pas le prendre comme un échec du résultat mais comme un acte de perfectionnement de celui-ci. Elle n’est pas rare et en tout cas il faut être prévenu avant l’intervention de la possibilité de faire cette retouche. L’important est d’arriver au bon résultat final que vous êtes venu(e) chercher.

En conclusion

L’hallux valgus est une pathologie fréquente. Son traitement est majoritairement chirurgical. Les techniques d’aujourd’hui sont au point, et ont un recul suffisant pour garantir un bon résultat à long terme dans la grande majorité des cas.

FAQ

La déformation revient-elle quelques années après l’opération ?
Normalement non. MAIS certains facteurs peuvent influencer la récidive : le pied plat, la prise de poids, le chaussage trop étroit, la rétraction des gastrocnémiens. C’est pour cela qu’il faut prendre en compte ces paramètres au moment de l’intervention et prendre les mesures nécessaires pour éliminer ces facteurs de récidive. Toutefois la récidive légère est bien supportée. Les réinterventions sont rares et réalisables en général dans de bonnes conditions.

Quelle saison pour se faire opérer ?
Il n’y a pas de saison plus propice qu’une autre. Toutefois si vous avez beaucoup d’œdème aux jambes l’été, ce n’est peut être pas la meilleure saison pour vous.

Le coût de l’opération ?
L’intervention est prise en charge par la sécurité sociale. Il y a aussi ce que l’on appelle un dépassement d’honoraires. Il est de 450€. Un devis vous sera remis que vous devez adresser à votre mutuelle qui vous indiquera si elle prend en charge tout ou partie de cette somme. L’anesthésiste prend aussi un dépassement d’honoraire. Ces dépassements sont justifiés par la qualité de la structure et de ses intervenants, mais aussi par le faible coût d’un hallux valgus payé à un chirurgien par la sécurité sociale (209€). Un étalement des encaissements est possible. Parlez-en si nécessaire à la secrétaire.

Doit on enlever les vis ?
En principe non car elles sont en titane donc biocompatibles. Il arrive cependant qu’on les sente sous la peau et qu’elles gênent au chaussage. Dans ce cas leur ablation est facile à 1 an de l’intervention.